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Grâce à l’infrastructure sous-marine déployée au large de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur, des capteurs pourront bientôt envoyer par Internet des informations sur le comportement des fonds marins.

Cet observatoire câblé est une première sur la Côte d’Azur, ce projet a été conduit à bien grâce à un partenariat entre le laboratoire Géoazur (Université Nice Sophia Antipolis, CNRS, IRD, OCA) et l’Ifremer.

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La pente continentale niçoise est une zone d’instabilité des sédiments. Ceux-ci s’accumulent sur la plateforme peu profonde qui borde la zone littorale et dans certaines conditions ils génèrent des avalanches sous-marines qui dévalent la pente continentale jusque dans les plaines abyssales. Dans la région niçoise, différents facteurs favorisent cette déstabilisation des sédiments : une sismicité avec des séismes qui peuvent atteindre une magnitude égale à 6 ; le dépôt rapide de sédiments par le système fluvial du Var ; la décharge des eaux douces souterraines le long de l’aquifère côtier ; et la présence de couches argileuses mécaniquement peu résistantes. De telles décharges sont potentiellement source de déplacement de masses d’eau mettant en danger le littoral.

Contrairement à ce qu’il existe à terre pour suivre les événements météorologiques, ou détecter les séismes, dans le milieu sous-marin, il n’existe pratiquement pas d’observatoire géophysique ou environnemental sous-marin délivrant des données en temps réel. Un prototype d’observatoire sous-marin, MeDON, a été déployé avec succès par les équipes de l’Ifremer au large de l’île bretonne de Molène, en 2012, c’est cette technologie qui a été appliquée à Nice. En Méditerranée, le télescope à neutrinos Antares, immergé au large de Toulon, permet aussi des mesures environnementales et géophysiques qui sont transmises en temps réel à terre.

L’installation de l’observatoire PRIMA au large de Nice est donc un grand pas pour l’observation continue du milieu sous-marin et le suivi de la plateforme continentale, zone de transfert entre le continent émergé et l’océan profond. L’Observatoire PRIMA est un des sites du réseau des observatoires fond de mer du programme européen EMSO (www.emso-eu.org/), dont la partie française est co-animée par le CNRS et l’Ifremer.

Les objectifs scientifiques

L’observatoire câblé PRIMA permettra de surveiller en continu la pression interstitielle dans les sédiments, à l’aide de piézomètres, et les accélérations du fond marin générées par un éventuel séisme ou un mouvement important de sédiment, grâce à un sismomètre fond de mer. D’autres instruments seront déployés dans le futur afin d’observer des paramètres complémentaires ou de tester de nouveaux capteurs fond de mer.

Description de la mise en place

Une barge spécialisée, l’Alexandre Z, a déployé un câble sous-marin ainsi que deux stations de connexion sur le fond, depuis le site de mesure, situé à plus d’un kilomètre au large, jusqu’à la terre. Ce câble, identique à ceux utilisés pour les télécommunications, contient des fibres optiques pour la transmission des données numériques et alimente aussi en énergie les stations et les capteurs. A terre, il est relié à Internet via des serveurs informatiques qui autorisent le contrôle et la reconfiguration à distance de l’ensemble. Cet observatoire est opérationnel depuis le 22 octobre dernier.

Les partenaires et les financeurs

Cet observatoire a été en grande partie financé par le projet PRIMA (Plateforme de Recherche en Instrumentation Marine) dans le cadre du contrat de projet État-région (CPER 2007-2015). Les principaux financeurs sont l’Europe (FEDER), l’État français et la région PACA.
Les fournisseurs sont, pour la plupart, implantés en Région PACA : Orange Marine, OSEAN, MacArtney. Le matériel a été conçu, assemblé et validé par les personnels et les moyens de l’institut Carnot Ifremer-EDROME, à Brest.

 

Communiqué paru à l’ Ifremer le 4 décembre 2015

Communiqué paru à L’INSU le 27 novembre 2015 :

La lettre économique de PACA le 7 décembre 2015

CNRS-Hebdo DR20 du 10 décembre 2015

CNRS-Hebdo DR20 du 3 mars 2016

Nice Matin du 24 février 2016

Var Matin du 27 février 2016

Les contacts :

Responsable scientifique du projet, Philippe Charvis (Directeur de recherche à l’IRD) :

Scientifique de référence à l’Ifremer, Sébastien Garziglia  :

Contact technique, Xavier Bompais :