8190Du 7 mai au 23 Mai 2016, l’UMR Geoazur dirige la mission de Géophysique Marine ANTITHESIS-3 à bord du Navire Océanographique « Pourquoi Pas ? » au large des Petites Antilles du Nord (Guadeloupe – Ile Vierge).

La marge des Petites Antilles constitue la seule zone côtière Française à être directement soumise au risque des séismes de subduction. Au sein de cette marge, le segment des Petites Antilles du Nord, comparativement aux segments voisins, présente une faible activité sismique et notamment aucun grand séisme de subduction historique connu Bernard, 1988 #162.


Cette spécificité amène les scientifiques à s’interroger sur le potentiel sismogène de ce segment : zone à potentiel maximal Manaker, 2008 #1256 ou zone faiblement couplée Symithe, 2015 #1970 ? Tectoniquement, il s’agit aussi d’un segment clé, à la transition entre la subduction frontale des Petites Antilles et les grands systèmes décrochants des Caraïbes. Le contexte tectonique est particulièrement complexe en raison de l’obliquité croissante de la convergence De Mets, 2000 #496, la subduction d’une plaque océanique particulièrement rugueuse (peu de sédiment de fosses, failles et rides en subduction) e.g. Grindlay, 2005 #721 et un substratum de la marge de nature apparemment variée e.g. Christeson, 2003 #341.

La question principale est ici de comprendre comment la morphologie complexe -pendage varié- d’un slab sous une zone de subduction convexe affecte le couplage interplaque et l’éventuel partitionnement de la déformation de la marge ?

De cette double interrogation tectonique et sismologique est né le projet ANTITHESIS qui a pour ambition d’étudier en 3 dimensions la structure, la sismologie et les caractéristiques thermo-mécaniques de cette zone de subduction. Constitué de 5 legs embarqués entre 2013 et 2016, pour un total de 77 jours de mer, ce projet implique 10 partenaires institutionnels : Géoazur, IFREMER, les Universités des Antilles, de Bretagne Occidentale, de Montpellier 2, de Pierre et Marie Curie, de Pau, de Nancy, l’IRD et l’IPGP. Ces campagnes ont permis l’acquisition de données de bathymétrie, de sismique réflexion multitrace, de sismique réfraction sur OBS (instruments IFREMER), de flux de chaleur et la surveillance de l’activité sismique par le déploiement d’un réseau temporaire de sismomètres de fond de mer (Instruments Géoazur).


Plusieurs stages de Master et 2 thèses, l’une en cours, la seconde initiée en Septembre 2016, travaillent à l’interprétation et la valorisation de ces données. Cette étude prolonge vers le Nord le jeu de données inégalé sur le segment central de la marge, sur lequel de nombreux chercheurs de Géoazur et de ses partenaires sont impliqués.

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Contact Géoazur : Boris Marcaillou