Un jalon historique vient d'être franchi dans la télémétrie laser Terre-Lune. Seulement 27 heures après l'alunissage de la mission Blue Ghost, des chercheurs français ont réussi à mesurer avec une précision remarquable la distance séparant la Terre du nouveau réflecteur NGLR-1 fraîchement déposé sur notre satellite naturel. Cette prouesse technologique ouvre de nouvelles perspectives pour la physique fondamentale et l'étude de la Lune.
27 heures après l’alunissage réussi de la mission Blue Ghost (NASA-CLPS Firefly Aerospace) dimanche 2 mars 2025, l’équipe GéoSIM du laboratoire GEOAZUR (Observatoire de la Côte d’Azur, Université Côte d’Azur, CNRS, IRD) a obtenu dès lundi 3 mars au matin les premières mesures de distance (358 758.807 km soit 2393.381 ms pour le temps de vol aller-retour de la lumière à 11h 38 minutes et 26 secondes TU) entre la station MéO et le nouveau réflecteur NASA-NGLR-1 déposé lors de cet alunissage. Cette première mondiale ouvre de nouvelles perspectives scientifiques en Physique Fondamentale et en Séléno-Physique grâce à la plus grande précision permise par ce nouveau type de réflecteur
L’équipe geoSIM avec en arrière-plan
les premières mesures de télémétrie laser lune
sur le réflecteur NGLR-1.© Geoazur
Ce succès si rapide a été permis grâce à l'héritage de 50 ans de télémétrie laser au plateau de Calern de l'Observatoire de la Côte d'Azur, à une collaboration étroite avec l'équipe POLAC du laboratoire LTE1 pour le calcul des prévisions, au soutien du CNES et du service national d'observation du CNRS-INSU dédié à ces mesures.
Les premières mesures obtenues confirment le bon positionnement du lander lunaire avec un décalage inférieur à 100 mètres par rapport aux coordonnées initiales. Cela valide aussi le choix d'architecture de ce nouveau réflecteur (coin de cube unique) pour les futurs réflecteurs lunaires, notamment celui de la mission ESA-Moonlight, dont le lancement est prévu pour la fin d'année 2025. Suite à ce premier succès, l'équipe GeoSIM testera un nouveau laser en collaboration avec la société TRUMPF Scientific Lasers permettant d'exploiter des impulsions lasers plus courtes temporellement et d'améliorer la précision des mesures de télémétrie laser Lune au millimètre.
Le réflecteur NGLR-1 fabriqué par le laboratoire INFN
embarqué à bord de Blue Ghost (NASA-CLPS Firefly Aerospace).
© INFN (Istituto Nazionale di Fisica Nucleare), Frascati (Rome), Italy
Référence : actualité parue à CNRS-INSU le 24 mars 2025
Laboratoires CNRS impliqués :
Laboratoire Géoazur (GEOAZUR - OCA)
Tutelles : CNRS / IRD / OCA / Université Côte d'Azur
Laboratoire Temps-Espace (LTE - OBSPM)
Tutelles : CNRS / Observatoire de Paris - PSL / Sorbonne Université / Université de Lille / LNE
Pour en savoir plus :
Currie D.G., Williams J.G., Wellnitz D.D. et al. (2024), "Next Generation Lunar Retroreflectors and ARTEMIS III", Lunar Surface Science Workshop 22 (Virtual), https://www.hou.usra.edu/meetings/lunarsurface22/pdf/5005.pdf
Williams J.G., Boggs D.H., Currie D.G. (2022). "Next-generation Laser Ranging at Lunar Geophysical Network and Commercial Lander Payload Service Sites", Planet. Sci. Journal, 3, 136, doi: 10.3847/PSJ/ac6c25
Porcelli L., Currie D.G., Muccino M. et al. (2021). "Next generation lunar laser retroreflectors for fundamental physics and lunar science", https://ntrs.nasa.gov/citations/20210025424
Contacts :
Clément Courde
Ingénieur de recherche CNRS à GéoAzur (GEOAZUR - OCA)
clement.courde@geoazur.unice.fr
Julien Chabé
Enseignant - chercheur de l'Observatoire de la Côte d'Azur à GéoAzur (GEOAZUR - OCA)
julien.chabe@geoazur.unice.fr
Sébastien Bouquillon
Chercheur de l'Observatoire de Paris au Laboratoire Temps Espace (LTE - Obs Paris)
sebastien.bouquillon@obspm.fr
Adrien Bourgouin
Chercheur de l'Observatoire de Paris au Laboratoire Temps Espace (LTE - Obs Paris)
adrien.bourgoin@obspm.fr
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