210429 V. Regard 2En quelques dix millions d’années, la façade pacifique des Andes s’est soulevée d'environ mille mètres.
Si ce phénomène est bien attesté par les scientifiques, néanmoins l’histoire de ce soulèvement et les mécanismes qui en sont responsables sont encore mal connus.

Actualité INSU-CNRS du 29 avril 2021

Une équipe de recherche a réalisé un examen détaillé de la géomorphologie du sud du Pérou afin de mieux comprendre ce phénomène et de rendre compte de ses évolutions au cours des derniers millions d’années. A l’aide de la topographie haute résolution fournie par le satellite TanDEM-X, ils ont constaté la localisation et la hauteur des reliefs passés et présents, et ont comparé ces observations avec celles réalisées sur le terrain. Ils ont également prélevé et analysé des sédiments en utilisant la datation cosmogénique, afin de proposer un cadre temporel robuste à l'analyse fine des structures géologiques.

Leurs recherches ont permis de montrer que le soulèvement de la façade pacifique des Andes ne s’est pas fait de façon continue. Ce phénomène a connu des temps de pause, durant lesquels se sont développées des surfaces d’érosion, appelées pédiments, à intervalles relativement réguliers. Sur les 12 derniers millions d’années, 3 cycles ont été identifiés, constitués chacun d’une période de 3 à 4 millions d'années de soulèvement avec une vitesse autour de 0,15 mm/an, et d’une période de stabilité d’environ 1 million d’années. Inédite, cette cyclicité pourrait venir d’un arrachement périodique de la partie supérieure de la plaque plongeante et accrétion du matériel à la base de la plaque supérieure.

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Les anciennes lignes de rivage sont marquées par des zones à forte pente.
Pour évaluer l’altitude du nouveau pied de falaise, il faut enlever les colluvions qui se sont déposés sur son versant
© V. Regard 

En savoir plus :

Late Miocene - Quaternary forearc uplift in southern Peru: new insight from 10Be dates and rocky coastal sequences – Journal of South American Earth Sciences,
Volume 109 (2021)
Vincent Regard, Joseph Martinod, Marianne Saillard, Sébastien Carretier, Laetitia Leanni, Gérard Hérail, Laurence Audin et Kevin Pedoja

https://doi.org/10.1016/j.jsames.2021.103261

 

Contacts :

Vincent Regard
Géosciences Environnement Toulouse (GET)
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Marianne Sailllard
Géoazur
04.83.61.85.39
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